Restauration du pédoncule du banc de Saint-Omer

Le Comité ZIP Gaspésie suit le dossier du banc de Saint-Omer depuis plusieurs années, puisqu’il s’agit d’une zone en constants changements et dont certaines parties sont exposées à l’érosion. Dans le but de contrer ce phénomène, l’organisme restaurera le pédoncule (la base) du banc en effectuant une recharge sédimentaire ainsi qu'une végétalisation au cours du printemps 2019. Pour réaliser ce projet, le Comité ZIP Gaspésie bénéficie de l’appui financier du Programme Interactions communautaires sur trois années.

Objectif du projet :
L’objectif principal du projet est de limiter la dégradation des habitats côtiers du banc de Saint-Omer. De façon plus spécifique, le projet vise à :
  • Réensabler la plage de manière à lui redonner une pente naturelle;
  • Stabiliser les sédiments avec la plantation de végétaux indigènes;
  • Sensibiliser la population à la fragilité du site, à sa dynamique sédimentaire et à l’importance de la végétation dans le maintien du site;
  • Suivre l’évolution géomorphologique de la zone afin de mieux la connaître
Le banc de Saint-Omer

Situé à Carleton-sur-Mer, le banc de Saint-Omer est un site unique en Gaspésie. Il s’agit de la zone littorale la plus dynamique de la MRC d’Avignon. La flèche évolue au gré des tempêtes et des apports sédimentaires provenant de la rivière Stewart, située à l’est du banc. Elle permet d’atténuer les ondes de tempête et réduit l’effet du déferlement des vagues, protégeant ainsi les infrastructures qui se trouvent au nord. On y trouve également une des plus belles plages de la baie des Chaleurs. De plus, la flèche littorale protège la lagune, permettant ainsi le maintien d’un marais saumâtre à grande valeur écologique. Le barachois, considéré comme refuge d’importance pour les oiseaux migrateurs, est d’ailleurs une zone protégée désignée « Refuge d’oiseaux migrateurs » par Environnement et changement climatique Canada et « Aire de concentration d’oiseaux aquatiques » par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.


(Photo : © UQAR (2017) Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières. Banc de Saint-Omer.)

L'érosion et la submersion dans la zone du banc deviennent alarmantes, et ce, particulièrement au niveau du pédoncule, menaçant directement le marais situé immédiatement en arrière de celui-ci. Également, on observe que le réchauffement climatique agit de façon directe sur la zone. L’augmentation du niveau de la mer et la diminution du couvert de glace hivernal expose de plus en plus la zone aux phénomènes d’érosion et de submersion. Si rien n’est fait, les prédictions prévoient qu’une brèche devrait se produire entre 2017 et 2030 au niveau du pédoncule du banc. Ceci aurait de graves conséquences pour le marais, qui ne serait alors plus à l’abri des aléas côtiers. Les milieux humides autour de la lagune seraient détruits, et les services écologiques fournis par le marais, définitivement perdus. L’accès au site serait également coupé, privant la population d’un site d’une grande importance pour elle.

Description du projet
Dans le but d’éviter ce scénario, le Comité ZIP Gaspésie effectuera une recharge sédimentaire, suivie d’une plantation de végétaux indigènes sur le pédoncule du banc de Saint-Omer. Un réensablement dans cette partie qui est la plus touchée par l’érosion permettra de prévenir la formation d’une brèche en recréant artificiellement une zone de perte d’énergie des vagues. Cette intervention permettra de restaurer le banc et de protéger le marais de manière naturelle et ce, sans influer sur la dynamique sédimentaire de la zone. 

La recharge sédimentaire est une méthode de protection dite « douce », à l'inverse des techniques de protection rigides, tel l'enrochement, dont les conséquences négatives pour l'habitat côtier sont de plus en plus démontrées. Respectant les principes du développement durable, cette méthode n'a pratiquement pas d'impact paysager ou environnemental. 

Enfin, une campagne de sensibilisation sera mise en place au cours des étés 2019 et 2020 afin de promouvoir les bons comportements à adopter lors de l’utilisation du site et particulièrement sur l’importance de ne pas piétiner la végétation.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution du Programme Interactions communautaires, lié au Plan d’action Saint-Laurent 2011-2026, et mis en œuvre par les gouvernements du Canada et du Québec.

Partenaires:

  • Ville de Carleton-sur-Mer

  • Ouranos

  • Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières de l’UQAR

  • Club des ornithologues de la Gaspésie