Restauration de l’estuaire de la Petite rivière Cascapédia

Le Comité ZIP Gaspésie a d’abord été approché par la Ville de New Richmond afin d’élaborer un projet de mise en valeur de la réserve naturelle, qui comprend le sentier pédestre Rotary-CascapédiaLa réserve naturelle se trouve sur des terrains qui ont déjà appartenu à la papetière Smurfit-Stone; ce qui fait que plusieurs reliques industrielles s’y trouvent encore. Le projet a pour but de retirer les remblais qui avaient été érigés dans la rivière au moment de la construction de la route utilisée alors par la papetière. Ces remblais restreignent l’écoulement naturel des eaux de la rivière et favorisent les problématiques d’érosion des berges et d’inondations, en plus de nuire à l'écosystème environnant. 

Un montant de plus de 526 000 $ a été accordé au Comité ZIP Gaspésie par le Fonds de restauration côtière (Pêches et Océans Canada) pour réaliser ce projet. Il consiste à retirer deux ponts ainsi que leurs remblais, favorisant ainsi l’écoulement de la rivière, et donc la diminution de la quantité de sédiments présents, en plus d'augmenter la superficie de la rivière à cet endroit. L’estuaire étant fortement utilisé par des espèces fourragères de poisson, toute la biodiversité du milieu devrait en profiter. De plus, la restauration du lit naturel de deux embranchements de l'estuaire de la Petite rivière Cacapédia devrait favoriser la présence de diverses espèces de poissons, et donc améliorer les conditions de pêche.

Historique du projet

L'estuaire de la Petite rivière Cascapédia
L'estuaire est la portion de l'embouchure de la rivière où l'effet de la mer dans lequel elle se jette est perceptible. Dans le cas présent, il s'agit de la portion de la rivière qui se situe entre la route 132 et la baie des Chaleurs.  

Cet estuaire est un milieu d’une grande richesse écologique à préserver, puisqu'il est : 
                  • un lieu d’alimentation et de reproduction pour un grand nombre d’espèces de poissons;
                  • reconnu en tant que réserve naturelle en 2013;
                  • un lieu de récréation apprécié des populations locales (randonnée, pêche, etc.).

De plus, on on y trouve une aire de concentration d’oiseaux aquatiques, un banc coquillier et une zosteraie.

Par contre, au fil du temps, l'estuaire est devenu un milieu perturbé, en raison de :
  • son histoire industrielle (activités de la Smurfit-Stone et dragage);
  • la construction des différents axes routiers et ferroviaires (boul. Perron, route 132,  route entre l’ancienne usine de pompage et la papetière et voie ferrée). Ceux-ci affectent la dynamique naturelle de la rivière, réduisent la largeur du lit et perturbent l’écoulement naturel des eaux.

Description du projet
Plan de restauration
La première phase du projet (2017-2018) consistait en l'élaboration d'un plan de restauration, qui a permis de faire ressortir ces problématiques :

Érosion des berges, qui causent notamment : 
  • une perte de terrain, 
  • une augmentation des sédiments dans la rivière, ce qui peut contribuer à colmater les lieux de reproduction et d’alimentation des poissons. 
  • une dégradation de la qualité de l’eau et des habitats. L’augmentation des matières en suspension dans l’eau vient en diminuer la qualité et peut aussi nuire aux poissons (mauvaise vision, irritation des branchies, etc.). 
Crues et inondations : 
Une étude hydrologique réalisée par le ministère des Transport du Québec (MTQ) a identifié la route 132, le chemin de fer, ainsi que la route de la Smurfit-Stone comme étant la cause des inondations. Les deux ponts visés par le projet ont été identifiés par le MTQ comme étant prioritaires dans la recherche de solutions aux inondations.

Travaux de restauration


Le travail de collaboration entre le Comité ZIP Gaspésie et la Ville de New Richmond a permis d'organiser le démantèlement de deux ponts dès l'été 2018.


Restauration des berges :
À la suite des travaux de démolition, une stabilisation temporaire des berges sera effectuée à l’aide de matelas anti-érosion en fibre de coco, en attendant la végétalisation des berges.

Végétalisation des berges :
2019 : Plantation d’arbres et d’arbustes indigènes (saule, myrique baumier, etc.).
2020 : Plantation complémentaire pour palier aux pertes de la première année - en partenariat avec le Club  Rotary de New Richmond, le Conseil régional de l’Environnement GÎM et l’Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche (OBVMR).


Suivi environnemental :
  • Surveillance de chantier et suivi de l’état des milieux restaurés;
  • Caractérisation des populations de poissons présentes dans l’estuaire et suivi de leur évolution après les travaux - en partenariat avec l’Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et Malécite (AGHAMM);
  • Échantillonnage d’eau et analyse de différents paramètres pour voir leur évolution en lien avec la restauration – en partenariat avec l’OBVMR;
  • Collecte de sédiments pour évaluer l’évolution du taux de sédimentation en lien avec la restauration.

Bénéfices attendus :

L'écoulement plus naturel des eaux devrait permettre:
  • une diminution de l'érosion des berges;
  • un gain en surface et en qualité pour l'habitat du poisson;
  • une amélioration de la qualité de l'eau;
  • une réduction du risque d'inondation au niveau de la route 132;
  • une diminution des matières en suspension;
  • une meilleure circulation des espèces fourragères;
  • une plus grande présence de diverses espèces de poisson, et donc une amélioration des conditions de pêche.
Partenaires :
  • Ville de New Richmond
  • Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche (OBVRM);
  • Association de gestion halieutique autochtone Mi`gmaq et Malécite (AGHAMM);
  • Association des pêcheurs sportifs de la rivière Bonaventure (ZEC Bonaventure);
  • Association des pêcheurs sportifs des rivières Cascapédia (ZEC Petite rivière Cascapédia);
  • Conseil régional de l’Environnement Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine (CREGIM);
  • Club Rotary de New Richmond;
  • Activa environnement inc.;
  • Rhéal Pitre sports.