Caractérisation des milieux sensibles de La Côte-de-Gaspé

Les milieux sensibles, incluant les milieux humides, sont indispensables à bien des égards. Ils servent de filtre naturel pour une partie des polluants naturels et anthropiques, de zone tampon face à l’érosion et aux submersions, et de lieux de rétention pour les sédiments. Ils font aussi partie des zones les plus riches et les plus diversifiées en termes de faune et de flore. Il est donc primordial de les identifier et de les connaître pour pouvoir les mettre en valeur et les préserver durablement.

Ce projet de caractérisation des milieux sensibles fait suite à celui effectué en 2016 dans la MRC de la Haute-Gaspésie. Pour compléter le portrait du nord-est de la péninsule gaspésienne, nous nous sommes attardés cette fois-ci sur la MRC de La Côte-de-Gaspé. L’objectif était d’identifier et de caractériser des zones sensibles du littoral pour en faire ressortir les problématiques et proposer des actions durables de conservation.

Ce projet a pu voir le jour grâce au financement du programme Interaction communautaire (PIC) du Plan d'action Saint-Laurent 2011-2026 et mis en oeuvre par les gouvernements du Canada et du Québec à la hauteur de 21 253 $, et grâce à participation technique et financière de 2 000 $ du Conseil de l’eau du Nord de la Gaspésie via leur Fonds EAU nord Gaspésie. Nous remercions aussi la MRC de La Côte-de-Gaspé, la ZEC de la rivière Bonaventure et Daniel Sigouin du parc national de Forillon pour leur aide dans la réalisation de ce projet.


En tout, 20 sites, situés entre Grande-Vallée et l’Anse-à-Brillant, ont été sélectionnés et décrits sous forme de fiche. Au total, il a été dénombré :


10 milieux humides, dont 9 situés en plaines inondables jugées à risques
7 herbiers à zostères, dont 1 découvert sur le site de l’Anse-de-l’Étang
2 dépotoirs clandestins
3 espèces exotiques envahissantes (renouée du Japon, salicaire pourpre et algue dydimo) sur 5 sites différents





Les principales perturbations naturelles ou anthropiques observées sont les suivantes :

  • Érosion anthropique ou naturelle

  • Présence plus ou moins importante de déchets ou d’anciennes infrastructures laissées sur place

  • Circulation et piétinement par les véhicules motorisés et la population

  • Enrochements et infrastructures solides (quai et port)

  • Présence d’algues vertes et d’espèces exotiques envahissantes

  • Feux de grèves avec le bois flotté

  • Submersion côtière


Les actions de conservation prioritaires à mener seraient de nettoyer les littoraux, réduire et baliser la circulation dans ces milieux, voir l’interdire, et sensibiliser la population locale et touristique à adopter une attitude écoresponsable face aux usages de ces milieux sensibles.